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France in America

Relation of the voyages, discoveries, and death, of Father James Marquette, and the subsequent voyages of Father Claudius Allouez,

Unfinished Letter of Father Marquette to Father Claude Dablon, Superior of the Missions, Containing a Journal of His Last Visit to the Illinois

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UNFINISHED LETTER OF FATHEE MAEQUETTE
TO FATHER CLAUDE DABLOW, SUPERIOR OF THE MISSIONS,
CONTAINING A
JOURNAL OF HIS LAST VISIT TO THE ILINOIS.
Mon Reverend Pere
Pax X* :
Ayant été contraint de demeurer a St. François tout l'esté a cause de quelque incommodité. En ayant esté guery dez le mois de Septembre j'y attendois l'arrivée de nos gens au retour de la bas pour sçavoir ce qu ie ferois pour mon hyvernement ; lesquels m'apportèrent les ordres pour mon voyage a la mission de le Conception des Ilinois. Ayant satisfait aux sentiments de V. R. pour les copies de mon iournal touchant la Riviere de Missisipi je partis avec Pierre
Porteret et Jacque------, le 25 Oct., 1674, sur les midy le vent nous
contraignit de coucher a la sortie de la riviere ou les P8te8atamis s'assembloient, les anciens n'ayant pas voulu qu'on allast du costez des Ilinois, de peur que la jeunesse amassant des robbes avec les marchandises qu'ils ont apportez de la bas, et chassant au castor ne voulut descendre le printemps qu'ils croient avoir suiet de craindre les Nad8essi.
26 Oct. Passant au village nous n'y trouvasmes plus que deux cabannes qui partaient pour aller hyverner a la Gasparde, nous ap-prismes que 5 canots de P8te8atamis et 4 d'Ilinois estaient partis pour aller aux Kaskaskia.
27. Nous fusmes arrestez le matin par la pluye, nous eusmes beau temps et calme l'apresdisnée que nous rencontrasmes dans l'ance a l'esturgeon les sauvages qui marchoient devant nous.


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DISCOVERIES IN THE MISSISSIPPI VALLEY.
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28. On arrive au portage, un canot qui avoit pris le devant est cause (que) qu'on ne tue point de gibier ; nous commençons notre portage et allons coucher de l'autre bord, ou le mauvais temps nous fist bien de la peine. Pierre n'arrive qu'a vine heure de nuit s'es-garant par d'un sentier ou il n'avoit jamais esté, après la pluye et la tonnerre, il tombe de la neige.
29. Ayant este contraint de changer de cabannage, on continue de porter les paquets, le portage a près d'une lieue et assez incommode en plusieurs endroits, les Ilinoîs s'estant assembles le soir dans notre cabanne demandent qu'on ne les quitte pas, comme nous pouvions avoir besoin d'eux et qu'ils connoissent mieux le lac que nous, on leur promet.
30. Les femmes Ilinoises achèvent le matin notre portage ; on est arreste par le vent, il n'y a point de bestes.
31. On parte par un assez beau temps et l'on vieut coucher a une petite riviere. Le chemin de l'ance a l'esturgeon par terre est très difficile, nous n'en marchions pas loing l'automne passée, lorsque nous entrasmes dans le bois.
Nov. 1. Ayant dit la Ste. Messe on vient coucher dans une riviere, d'où l'on va aux P8te8atamis par un beau chemin. 'Chachag8essi8 Ilinois fort considère parmy sa nation, a raison en partie qu'il se mesle des affaires de la traitte arrive la nuit avec un chevreux sur son dos, dont il nous fait part.
2. La Ste. Messe dit, nous marchons toute la iournée par un fort beau temps, on tue deux chats qui n'ont quasi que de la graisse.
3. Comme i'estois par terre marchant sur le beau sable tout le bordde l'eau estoit d'herbes semblables a celle qu'on pesche aux retz St. Ignace, mais ne pouvant passer une riviere, nos gens y entrent pour m'embarquer, mais on n'en put sorter a cause de la lame, tous les autres canots passent a la reserve d'un seul qui vient avec nous.
4. On est arreste. Ily a apparence qu'il y a quelque isle au large Je gibier y passant le soir.
5. Nous cusmes assez de peine de sorter de la riviere sur le midy'on trouva les sauvages dans une riviere, ou ie pris occasion d'instruire les Ilinois, a raison d'un festin que Na8asking8e venoit de faire a une peau de loup.
6. On fist une belle iournée, les sauvages estant a la chasse découvrirent quelques pistes d'hommes ce qui oblige d'arrester le lendemain.
9. On mit a terre sur les 2 heures a cause d'un beau cabannage,


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NAEEATIYE OF FATIIEK MAEQUETTE.
ou l'on fust arreste 5 iours, a cause de la grande agitation du lac sans aucun vent, ensuitte par la neige, qui fust le lendemain fondue par le soleil et un vent du large.
15. Apres avoir fait assez de chemin on cabanne dans un bel endroit ou l'on est arreste 3 iours Pierre raccommode le fusil d'un sauvage, neige tombe la nuit et fonde le iour.
20. On couche aux ecors assez mal cabannez les sauvages demeurent derrière durant qu'on est arreste du vent 2 iours et demy Pierre allant dans le bois trouve la prairie a 20 lieues du portage, il passe aussi sur un beau canal comme en route, haut de la hauteur d'un homme, ou il y avoit un pied d'eau.
23. Estant embarque sur le midy nous eusmes assez de peine de gagner une riviere, le froid commença par l'est et plus d'un pied de neige couvrit la terre qui est tousiours depuis demeure ou fust arreste la 3 iours durant lesquels Pierre tua un cheyreux, 3 outardes, et 3 cocqs d'inde, qui estoient fort bons, les autres passèrent iusques aux prairies, un sauvage ayant descourert quelques cabannes nous vint trouver, Jacques y alla le lendemain avec luy, 2 chasseurs me vinrent aussi voir, c'estoient des MaskBtens au nombre de 8 ou 9 cabannes, lesquelles s'estoient séparez les uns des autres pour pouvoir vivre, avec des fatigues presque impossibles a des françois ils marchent tout l'hyver, dans des chemins très difficiles, les terres estant pleines de ruisseaux, de petits lacs et de marests. ils sont très mal cabannez, et mangent ou ieusnent selon les lieux ou ils se rencontrent ; estant arrestez par le vent nous remarqtiasmes qu'il y avoit de grandes battures au large ou la lame brisoierit continuellement ; ce fust la que ie sentis quelques atteintes d'un flux de ventre.
27. Nous eusines assez de peine de sortir de la riviere et ayant fait environ 3 lieues nous Irouvasmes les sauvages qui avoient tuez des b ufs et 3 llinois qui estoient venu du village, nous fusmes ar-restez la d'un vent de terre, des laines prodigieuses qui venoient du large, et du froid.
Décembre 1. On devance les sauvages pour pouvoir dire la Ste. Messe.
3. Ayant dit la Ste. Messe, estant embarque nous fusmes contraint de gagner une pointe pour pouvoir mettre a terre a cause des bourguignons.
4. Nous parfismes heureusement pour venir a la riviere du portage jui estoil gelée d'un demy pied, ou il y avoit plus de neige que partout ailleurs, comme aussi plus dp pistes- de bes-les et de cocqs d'In-


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«le. La navigation du lac est assez belle d'un portage a l'autre, n'y ayant aucune traverse a faire et pouvant mettre a terre partout, moyennant qu'on ne soit point opiniastre a vouloir marcher dans les lames et de grand vent. Les terres qui le bordent ne valent rien, excepte quand on est aux prairies, on trouve 8 ou 10 rivieres assez belles, la chasse du chevreux est très belle a mesure qu'on s'esloigne des P8te8atamis.
12. Comme on coinmençoit hir a traisner pour approcher du portage les Ilinois ayant quittez les P8te8atamis arrivèrent avec bien de la peine. Nous ne pusmes dire la Ste. Messe le iour de la Conception a cause du mauvais temps et du froid, durant notre seiour a l'entrée de la riviere Pierre et Jacques tuèrent 3 b ufs et 4 chevreux dont un courut assez loing ayant le c ur coupe en 2 on se contente de tuer 3 ou 4 cocqs d'inde de plusieurs qui venoient autour de notre cabanne, parcequ'ils mouroient quasi de faim ; Jacques apporta un perdrix qu'il avoit tuez, semblable en tout a celles de France, excepte qu'elle avoit comme deux aislerons de 3 ou 4 aisles longues d'un doigt proche de la teste, dont elles couvrent les 2 costez du col ou il n'y a point de plume.
14. Estant cabannez proche le portage a 2 lieues dans la riviere nous resolusmes d'hyverner la, estant dans l'impossibilité de passer outre, estant trop embarasse, et mon incommodité ne me permettant pas de beaucoup fatiguer. Plusieurs Ilinois passèrent hier pour aller porter leur pelleterie a Na8asking8e, ausquels on donne un b ufs et un chevreux que Jacque avoit tué le iour auparavant ie ne pense pas avoir veu de sauvage plus affamé de petun François qu'eux, ils vinrent ietter a nos pieds des castors pour en avoir quelque bout mais nour leur rendismes en leur en donnant quelque pipe, parceque nous n'avions pas encore conclu si nous passerions outre.
15. Chachag8essi8 et les autres Ilinois nous quittèrent pour aller trouver leur gens, et leur donner les marchandises qu'ils avoient apportez pour avoir leur robbes en quoy ils se gouvernent comme des traitteurs et ne donnent guère plus que les François; ie les instruisis avant leur depart, remettant au printemps de tenir conseil quand ie serois au village ; ils nous traitterent 3 belles robbes de b uf pour une coudée de petun, lesquelles, nous ont beaucoup servi cet hyver, estant ainsi desbarassez, nous dismes la Messe de la Conception ; depuis le 14 mon incommodité se tourna en flux de sang.
30. Jacque arriva du village des Ilinois qui n'estoit qu'a six lieues d'icy ou ils avoient faim le froid et la neige les empeschant de chas-


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NAEEATIVE OF FATHER MAEQUETTE.
ser, quelques uns ayant adverti la Toupine et le chirurgien que nous estions icy et ne pouvant quitter leur cabanne avoient tellement donnez la peur aux sauvages croyant que nous aurions faim demeurant icy que Jacque eust bien de la peine d'empescher 15 jeunes gens de venir pour emporter toute nostie affaire.
Janvier 16, 1675. Aussitôt que les 2 françois sceurent que mon mal mempeschoit daller chez eux le chirurgien vint icy avec un sauvage pour nous apporter des bluets et du bled ; ils ne sont que 18 lieues d'icy dans un beau lieu de chasse, pour les b ufs et les chev-reux et les cocqs d'inde qui y sont excellents, ills avoient aussi amassez des vivres en nous attendant ; et avoient fait entendre aux sauvages que leur cabanne estoit a la Robbe noire, et on peut dire qu'ils ont fait et dit tout ce qu'on peut attendre d'eux : le chirurgien ayant icy seiourne pour faire ses devotions: j'envoiay Jacque avec luy pour dire aux Ilinois qui estaient proche de la, que mon incommodité m'empeschoit de les aller voir et que iaurois mesme de la peine d'yaller le printemps si elle continuoit.
24. Jacque retourna, avec un sac de bled et d'autres rafraîchissement que les François luy avoient donnez pour moy : il apporta aussi les langues et de la viande de deux b ufs qu'un sauvage et luy avoient tuez proche d'icy ; mais toutes les bestes se sentent de mauvais temps.
26. 3 Ilinois nous apportèrent de la part des Anciens 2 sacs de bled, de la viande sèche, des citrouilles et 12 castors, 1°, pour me faire une natte, 2°, pour me demander de la poudre, 3°, pour que nous n'eussions faim, 4°, pour avoir quelque peu de marchandises ; ie leur repondis lnt, que i'estois venu pour les instruire, en leur parlant de la prière, &c. 2ut, que ie ne leur donnerois point de poudre, puisque nous taschions de mettre partout la paix, et que ie ne voulois qu'ils commençassent la guerre avec les Miamis. 3nt, que nous n'appre-hendions point le faim. 4nt, que iencouragerois les françcois a leur apporter des marchandises, et qu'il falloit qu'ils satisfissent ceux qui estaient chez eux pour la rassade qu'on leur avoit pris, dez que le chirurgien fust party pour venir icy. Comme ils estaient venus de 20 lieùs, pour les payer de leur peine et de ce qu'ils m'avoient apportez ie leur donnay une hache, 2 couteaux, 3 iambettes, 10 brasses de rassade et 2 mirouirs doubles, et leur disant qui ie tascherois d'aller au village seulement pour quelques iours si mon incommodité continuoit, ils me dirent de prendre courage de demeurer et de mourir daus leur pays et qu'on leur avoit dit que i'y resterois pour longtemps.


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Février 9. Depuis que nous nous sommes addressez a la Ste. Vierge Immaculée que nous avons commencez une neufvaine par une messe a laquelle Pierre et Jacque qui font tout ce qu'ils peuvent pour me soulager, ont communies pour demander a Dieu la santé, mon flux de sang m'a quitte, il ne me reste qu'un foiblesse d'estomac, ie commence a meporter beaucoup mieux et a reprendre mes forces : il ne cabanne d'Ilinois qui s'estoit rangée proche de nous depuis uu mois une partie out repris le chemin des P8t et quelques uns sont encore au bord du lac ou ils attendent que la navigation soit libre, ils emportent des lettres pour nos P. P. de St. François. 20. Nous avons eu le temps de remarquer les mareez qui viennent du lac lesquels haussent et baissent plusieurs fois par iour et quoyqu'il n'y paraisse aucune abry dans le lac, on a veu les glaces aller contre le vent, ces mareez nous rendoient l'eau bonne ou mau-vaisse parceque celle qui vient d'en hault coule des prairies et de petits ruisseaux, lestchevreux qui sont enquantite vers le bord du lac sont si maigres qu'on a este contraint d'en laisser quelques uns de ce qu'on avoit tuez.
Mars 23. On tue plusieurs perdrix dont il n'y a que les mais qui aj^ant des assiérons au col, les femelles u'en ayant point, ces perdrix sont assez bonnes mais non pas comme celle de France.
30. Le vent de nord ayant empesche le degeal jusques au 25 de Mars il commença par un vent de sud, dez le lendemain le gibier commença de paroistre, on tua 30 tourtres que ie trouvay meilleures que celles de la bas, mais plus petites, tant les vieilles que les ieunes ; le 28 les glaces se rompirent et s'arresterent au dessus de nous, le 29 les eaux crurent si fort que nous n'eusmes que le temps de descabanner au plutôt, mettre nos affaires sur des arbres et tascher de chercher a coucher sur quelque but l'eau nous gagnant presque toute la nuit, mais ayant un peu gelé et estant diminue comme nous estions auprès de nos paquets, la digue vient de se rompre et les glaces a s'escouler et parceque les eaux remontent desia nous allons nous embarquer pour continuer notre route.
La Ste. Vierge Immaculée a pris un tel soin de nous durant notre hyvernement que rien ne nous a mauque pour les vivres, ayant encore un grand sac de bled de reste, de la viande et de la graisse ; nous avons aussi vescu fort doucement, mon mal ne m'ayant point empesche de dire la Ste. Messe tous les iours ; nous n'avons point pu garder du caresme que les Vendredys et samedys.
31. Estant hier party nous fismes 3 lieues dans la riviere en re-


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NARRATIVE OF FATHER MARQUETTE.
montant sans trouver aucun portage, on traisna peut estre environ un demy arpant outre cette descharge, la riviere en a une autre par ou nous debvons descendre. Il n'y a que les terres bien hautes qui ne soient point inondeez, celle ou nous sommes a cru plus de 12 pieds a-ce fut d'icy que nous comniençasmes notre portage ily a 18 mois; les outardes et les canards passent continuellement; on s'est contente de 7, les glaces qui dérivent encore nous font icy demeureur ne sachant pas en quel estât est le bas de la riviere.
Avril 1. Comme ie ne scais point encore si ie demeurcray cet este au village ou non a cause de mon flux de ventre, nous laissons icy une partie de ce dont nous pouvons nous passer et surtout un sac de bled, tandis qu'un grand vent de sud nous arreste, nous espérons aller demain ou sont les François, distant de 15 lieues d'icy.
6. Les grands vents et le froid nous empeschent de marcher. Les deux lacs par ou nous avons passez sont plains d'outardes, d'oyes, de canards, de grues et d'autres gibiers que nous ne connoissons point. Les rapides sont assez dangereux en quelques endroits, nous venons de rencontrer le chirurgien avec un sauvage qui montoit avec une canottee de pelleterie, mais le froid estant trop grand pour des personnes qui sont obligez de traisner les canots dans l'eau, il vient de faire cache de son castor et retourne demain au village avec nous. Si les François ont des robbes de ce pays icy, ils ne les desrob-bent pas tant les fatigues sont grands pour les en tirer.


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